Derniers feux sur Sunset – Stewart O’Nan

Le lundi 25 juin à 17h30 chez Florence.

Derniers feux sur Sunset traduit de l’américain par Marc Amfreville.

Cette biographie fictionnelle de Scott Fitzgerald nous fait vivre les dernières années de l’écrivain. Il arrive à Hollywood abîmé par l’alcool, l’excès des années folles et très endetté, il peine à payer les factures du traitement de sa femme en hôpital psychiatrique et de l’école de haut standing de sa fille. Dans la pratique une famille écartelée entre côte est, côte ouest et pays sudiste des origines de Zelda, SF essaye de survivre sur un grand pied alors que la carrière du grand écrivain n’est plus qu’un souvenir.

Après cette mise en bouche laborieuse – car il faut le temps de s’accoutumer aux personnages, célèbres mais repérés par de simple initiales de prénoms ou des diminutifs — on finit par s’attacher au sort de tous ces écrivains prestigieux ou scénaristes de métier qui sont traités comme des moins que rien par les magnats des studios de cinéma, lesquels ne sont pas plus que des fils de réfugiés des pogroms ayant réussi en investissant dans le cinéma muet et transportant leurs studios sur des terres arides et peu chères de Californie. Ils ne sont pas, eux des intellectuels, mais ils ont le sens des affaires en mettant sous contrat dès l’enfance leurs futures stars.

Nous sommes amenés à partager les déceptions des auteurs sous contrats précaires chargés d’écrire en quasi direct des scénarios qui seront malmenés par les couples de producteurs-réalisateurs, eux-mêmes interchangeables au gré des contrats qui lient les studios aux vedettes les plus en vue. Nombre d’écrivains fuyant l’Europe et les horreurs des régimes dictatoriaux, auront vécu l’enfer en Californie.

Outre la grande machine des studios l’auteur met talentueusement en scène les rares échappées de SF vers sa femme et sa fille, pendant lesquelles ils reproduiront les erreurs de leurs années folles passées à gaspiller leurs dollars en Europe tout en se chamaillant, car le couple, indépendamment de la schizophrénie de Zelda, n’en est plus vraiment un et leur fille Scottie ne supporte plus les scènes de sa mère, tandis qu’elle accepte la maîtresse de son père. Les remords sincères qui torturent SF sont crédibles et les lettres échangées sont d’une grande délicatesse. Cependant, la jeune maîtresse ambitieuse, mais aimante et dévouée tout de même, affirme une vision réaliste de son artiste déchu d’amant : « C’est un petit homme égoïste et coléreux qui se croit supérieur parce qu’il lit de la poésie et qu’il a été célèbre un jour, il y a vingt ans ».

La triste fin de l’écrivain n’est supportable qu’à travers les pitreries partagées avec son jeune co-scénariste stagiaire, pistonné mais très sympathique, héritier des magna des studios. Il prend un tas de notes qui lui serviront à écrire son dernier roman non terminé « Le dernier des nababs/The last Tycoon », un hommage au seul producteur Hollywoodien qu’il ait admiré, Irving Thalberg.

Décryptage

Edd et Swanie : agents de SF
Max : Max Perkins, éditeur de SF et d’Hemingway
Ernest : Hemingway
Dottie : Dorothy Parker, une rigolote engagée
Mayo : Mayo Méthot, 3ème femme de Humphrey Bogart
Bogie : Humphrey Bogart
LB : Louis B Mayer, le deuxième M de la firme MGM

 

West of Sunset – Stewart O’Nan – 2015

West of Sunset is a biographical novel and tells the story of the last years of F. Scott Fitzgerald.  He arrives in Hollywood deeply in debt and consumed by many years of alcohol abuse and the life of excess he lived during the“roaring twenties”. His wife is interned in a psychiatric ward, he is barely able to pay for her care or the tuition for his daughter at an elite boarding school. All three are actually caught between East coast, West coast and the South, Zelda’s homeland. In the meantime he tries to survive in hopes of living the high life while his literary glory lies far behind him. 

As the reader adjusts to the way in which the myriad of powerful and famous Hollywood figures are introduced (by nickname, simple initials or first name) his/her sympathies eventually lie with the prestigious writers and professional screenwriters treated as less than nothing by the Hollywood studio moguls. Yet these same executives are sons of survivors of pogroms who managed to make their fortunes by investing in silent films and by moving their studios to the arid and inexpensive settings in California.  They were not intellectuals, but they had good business sense and placed future stars, some still in their childhood years, under contract.

We come to share the disappointments of writers on precarious contracts forced to write, on the spot, screenplays which will eventually be scissored by teams of producers/directors – teams themselves as ever-changing as the contracts, which were made to order for the popular stars of the moment.  A good number of writers who fled Europe and the horrors of dictatorial regimes experienced another form of hell in California. 

 In addition to the author’s rendering of the huge Hollywood machine there are private moments between Scott Fitzgerald, Zelda and their daughter, Scottie, which the author brings to life with vividness.   We witness Scott Fitzgerald and Zelda reproducing the errors of the high life they lived in Europe during the “années folles”, spending lavishly and foolishly – and arguing relentlessly. But now the marriage is in tatters and neither father nor daughter can put up with Zelda’s explosive outbursts of anger and violence any longer. Scottie, however, doesn’t reject her father’s mistress.  But in the letters exchanged between the characters,  the remorse and the guilt that haunt Scott Fitzgerald are there – believable and truthful, the letters themselves rendered with great sensitivity and tact. The young, ambitious but nonetheless loving and caring mistress gives a realistic assessment of her fallen-from-grace artist and lover:   He’s a selfish, angry little man who thinks he’s superior because he reads poetry and was famous once twenty years ago.

The sadness of the ending is offset by the clowning and crazy antics Scott Fitzgerald takes part in with a young co-author of screenplays and heir of Hollywood studio moguls – but an endearing character nonetheless.  Scott Fitzgerald takes notes which he will use to write his last unfinished novel The Last Tycoon, a homage to Irving Thalberg, the only Hollywood producer that he admired.